Après avoir évoqué les notions de base pour bien se lancer dans le beatmaking, il est désormais temps de se focaliser sur la composition de morceaux en elle-même. Pour ce faire, j’ai décidé de partager avec vous mon expérience personnelle à travers différents points que je considère plutôt importants.

 

1. Les accords avant la mélodie

 

Quand on est beatmaker, débutant ou non, la première chose qui nous vient à l’esprit est de déterminer quelle mélodie trouver. Et c’est carrément normal de s’en préoccuper, puisqu’une mélodie personnelle et élaborée motivera davantage un artiste à poser sa voix par-dessus. Le truc, c’est qu’avant de trop s’axer sur la mélodie en elle-même, je vous conseille d’attaquer en priorité par les accords. Pourquoi ? Tout simplement parce que la suite d’accords que l’on va choisir servira de fondation à la mélodie et stimulera notre inspiration. Et même si vous ne participerez sans doute pas à la prochaine édition de The Voice, n’hésitez pas à chantonner sur votre boucle d’accords pour tenter d’imaginer le rendu final.

 

 

Le meilleur exemple reste la mélodie de « Shape of You » par Ed Sheeran, qu’on a tous eue en tête à un moment ou à un autre l’année dernière. Pour ma reprise, j’ai d’abord joué une suite d’accords, en l’occurrence Do#m – F#m – La – Si (Clique ici pour consulter le tableau des accords) Avec cette base solide, je n’ai plus qu’eu à enchaîner avec la mélodie, soit quelques notes à ajouter pour rendre le tout plus homogène. La chanson a surement été composée dans cet ordre-ci. On notera qu’il est possible pour les novices d’acquérir des mélodies préconçues libres de droit, mais il est vrai que l’originalité ne sera pas au rendez-vous. Cela dit, c’est une très bonne façon de débuter quand on n’a jamais réellement baigné dans la musique. Voici le lien d’un site qui vous permettra de télécharger gratuitement des loops de mélodies totalement libres de droits.

 

 

2. Prendre appui sur les accords magiques

 

Si tant de chansons réussissent à se hisser au top des charts, c’est probablement grâce aux fameux accords magiques. Promis, ce n’est pas un terme que je viens d’inventer. Grosso modo, les accords magiques représentent des enchaînements de plusieurs notes (exemple : Mim – Do – Sol – Ré   OU   Ré – La – Sim – Sol) qui aboutissent à une combinaison parfaite pour l’oreille humaine. Pour ceux qui souhaiterai des explications plus approfondies sur les accords magiques voici un article très détaillé sur le sujet.

Je vous invite également à regarder cette vidéo des STORMIENS très bien faite sur les accords magiques. Ils montrent que plus de 80 chansons ont été composées avec les mêmes accords : Ré – La – Sim – Sol.

 

 

 

Bien entendu, ces accords sont personnalisables et peuvent être arrangés à votre sauce (augmentation ou baisse de tonalité par exemple). Ils peuvent surtout servir de base pour une mélodie plus travaillée. On précisera que ces accords magiques ne s’adaptent pas à certains styles musicaux, à l’instar de la trap où l’on trouvera des accords volontairement non harmonieux.

 

 

3. Savoir où on veut aller

 

Avant de se lancer dans la composition musicale pure et dure, il faut d’abord prendre le temps de se poser et réfléchir sur ce qu’on veut réellement produire. D’une part, il est primordial de délimiter le genre musical auquel va appartenir notre instru. Pop, reggaeton, rap… tout est envisageable, si tant est qu’on prend le temps de savoir lequel nous parle le plus. À partir de là, il devient de plus facile de trouver sa base rythmique, puis de dénicher une suite d’accords. Là aussi, certains accords sont davantage compatibles avec certains genres, donc maîtriser un minimum son genre de prédilection peut être utile. Se poser sur un nombre d’instruments défini est aussi important. Tout ceci sert à canaliser son inspiration afin de ne pas s’éparpiller : vos futurs auditeurs possèdent leur propre culture musicale et il n’est pas possible de la bousculer du jour au lendemain. Il faut d’abord prendre en compte cette culture avant de progressivement apporter sa petite touche perso, comme a pu le faire entre autres DJ Mustard.

 

 

4. Le secret de la composition musicale: Ne pas en faire trop

 

Au début, à cause de l’excitation et de la soif d’apprendre, on peut avoir tendance à vouloir mettre un grand nombre d’instruments sur plein de pistes différentes. Là, c’est un gros non ! Il est important de se poser deux minutes afin d’éviter de se retrouver avec une mélodie fouillie et incohérente sur les bras. C’est pourquoi il est toujours utile de se mettre à la place de l’auditeur. Dans beaucoup de hits musicaux, l’instru reste relativement simple. Il ne faut alors pas hésiter à supprimer certains passages de votre instru pour alléger le tout et conserver une certaine cohérence. Je le reconnais moi-même, ce n’est pas toujours facile. C’est dans ce type de situation que développer sa culture musicale s’avère sacrément utile, puisqu’elle nous aide à faire le tri entre ce qui fonctionne et ce qui est totalement superflu.

 

En résumé:

  • Choisi le genre musical de la composition
  • Joue une suite d’accords
  • Trouve la mélodie en t’appuyant sur la suite d’accords
  • Sélectionne les instruments à juste titre

A vous de jouer maintenant !

N’hésitez pas à me laisser des commentaires pour m’indiquer des sujets qui vous intéresseraient à l’avenir, des questions sur le beatmaking, des idées de posts ou tout simplement pour donner votre avis sur l’article.

 

 

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