La grande majorité des tubes de rap qu’on écoute en boucle sur Spotify n’aurait jamais vu le jour sans le travail acharné d’un beatmaker. Mais en fait, c’est quoi un beatmaker ? Pour la faire courte, c’est celui (ou celle, on ne discrimine pas) qui crée des sons et des instrus. Les rappeurs, par exemple, se contentent se poser leur voix sur ses beats. Parce qu’on ne devient pas beatmaker en un claquement de doigts, j’ai tenté de dresser 5 étapes inévitables pour venir concurrencer Dr Dre et Timbaland.

 

1. Choisir son logiciel de MAO: le séquenceur.

 

Avant toute chose, il faut préciser que l’acronyme MAO renvoie à Musique Assistée par Ordinateur. Car oui, pour devenir beatmaker, mieux vaut être équipé d’un ordinateur efficace. L’étape suivante, c’est le choix du logiciel que l’on va utiliser. Vous vous en doutez, il y en a toute une flopée et tous ont leurs avantages comme leurs inconvénients. Pour ceux qui débutent et ne savent pas vraiment si le beatmaking est fait pour eux, certains logiciels sont gratuits, tels que Garageband (sous Mac) ou DarkWave Studio (sous Windows).

 

 

Bien entendu, je ne vais pas vous cacher que les séquenceurs les plus aboutis nécessitent de débourser de l’argent. On en trouve plusieurs, à l’instar de REASON, FL STUDIO, ABLETON LIVE 10 ou encore PROTOOLS. Pour info, tous sont disponibles aussi sous Windows que Mac, ce qui est déjà pas mal. Pour ma part, j’utilise Logic Pro X comme séquenceur, uniquement dispo avec Apple. Son prix n’est pas donné, je vous l’accorde, mais il est performant et convient parfaitement à mes attentes. Je risque d’ailleurs de vous en parler davantage dans les mois à venir. Mais au bout du compte, le plus important, c’est que vous sélectionniez un logiciel qui vous corresponde. Il est totalement possible de commencer avec un freeware pour évoluer vers un séquenceur payant de meilleure facture !

 

 

2. Trouver sa méthode pour composer

 

Quand il s’agit de se lancer dans la composition pure et dure d’instrus, on remarque plusieurs écoles. Il y a d’abord les plus motivés qui fonctionnent en analogie, c’est-à-dire qu’ils composent leurs beats à l’aide de réels instruments de musique. Pour ce faire, il faut accompagner les instruments en question avec une carte son qui sera quant à elle associée au logiciel de MAO qu’on a sélectionné. Pour les fanas du synthé, il est totalement possible d’enregistrer directement son instru dans le synthétiseur avant de l’exporter ensuite dans son ordinateur personnel. L’avantage avec cette méthode en analogie, c’est que la qualité audio est meilleure. Le hic, en revanche, c’est qu’il est impossible de modifier les notes ayant été enregistrées. Autrement dit, mieux vaut ne pas se gourer quand on enregistre !

 

 

La seconde méthode, qui s’avère d’ailleurs être celle que j’utilise personnellement, est en midi. La différence majeure avec l’analogie, c’est que l’instrument qu’on utilise est entièrement virtuel et simulé. Cela nécessite tout de même de se munir d’un équipement, en l’occurrence d’un clavier maître (comme vous pouvez voir dans mes propres vidéos) et de quelques plugins audio. Le bon côté, contrairement à la méthode évoquée précédemment, c’est qu’on peut modifier les notes enregistrées à notre guise.

Bien entendu, vous l’aurez sans doute deviné, il est totalement possible d’allier les deux méthodes : on peut enregistrer des notes de guitare en analogie et ensuite y ajouter des sons de percussions réalisés en midi. Le beatmaking, c’est avant tout de la créativité donc libre à vous de déterminer la méthode de fonctionnement qui vous convient le mieux.

 

 

3. S’équiper en banques de sons

 

Une banque de sons, qu’est-ce que c’est ? Sans passer par quatre chemins, une banque de sons désigne un répertoire comprenant jusqu’à des milliers de beats et bruitages différents. Certaines peuvent être axées techno alors que d’autres sont davantage portées sur des sonorités afrobeat ou hip-hop. En clair, il existe des banques de sons pour tous les styles musicaux. Bien choisir sa banque de son joue alors un rôle primordial pour le beatmaker, puisqu’elle va contribuer à personnaliser ses intrus et participera à créer son propre univers.

 

 

Les logiciels de MAO possèdent une banque de sons déjà incrustée. Il est entièrement possible de s’en contenter bien que, personnellement, on tourne vite en rond et les différents sons sont vus et revus. Grâce à la magie d’Internet, on peut désormais mettre la main sur une multitude de banques de sons, proposant tout autant de samples audio et de plugins. Certaines sont gratuites, comme on en trouve sur la fameuse Sonothèque ou bien sur Music Radar, et d’autres sont payantes comme vous pouvez en voir sur certains sites.  Pour ceux que ça intéresse, j’ai regroupé tous les sons de mes reprises dans un pack que vous pouvez acheter ici. Je vais aussi tenter de vous partager régulièrement des liens pour télécharger des packs réalisés par d’autres beatmaker dans la catégorie SAMPLE PACK de ce site. Enfin, on peut créer ses propres banques de sons à l’aide de différents plugins, mais cela fera l’objet d’un tout autre article bien détaillé.

 

 

4. Avoir des (petites) bases en solfège

 

Les passionnés de musique ont déjà dû cumuler plusieurs leçons de solfège, donc ce qui va suivre risque de leur paraître redondant. Et pourtant, en connaître les bases est un gros avantage pour se propulser dans le monde du beatmaking. Tout d’abord, il faut avoir connaissance des accords. Pour les néophytes, un accord correspond au son obtenu en jouant plusieurs notes en même temps sur un clavier.

 

 

Parce que vous risquez d’être souvent confrontés à des notes aussi bien en anglais qu’en français, il est nécessaire de savoir leur équivalence :

Do = C
Ré = D
Mi = E
Fa = F
Sol = G
La = A
Si = B

On part déjà avec un bon point de départ. À noter qu’un accord peut être majeur ou mineur. Si un Do est majeur, on l’écrira tout simplement C. En revanche, s’il est mineur, on ajoutera un petit « m » à côté du C, ce qui donnera donc Cm. Cette règle est valable pour toutes les notes. Il existe ensuite deux notions récurrentes en solfège qu’il faut garder en mémoire : le dièse et le bémol. Alors que le premier augmente l’accord d’une tonalité, le second se charge de le baisser.

Les chansons qu’on a l’habitude d’écouter sont composées d’une suite d’accords. Pour être plus précis, chaque morceau comprend entre 2 et 4 accords seulement (pour la plupart des chansons). Pour illustrer davantage cette idée, on n’a qu’à se focaliser sur le titre « Mwaka Moon » de Kalash et Damso, que j’avais repris juste ici. Celui-ci se compose d’exactement trois accords : A – E – G#.

 

 

Si vous crevez d’envie de dénicher les accords exacts d’une chanson, il existe une poignée de sites qui s’amuse à les répertorier. Je pense alors au très classique La Boîte à chansons, mais aussi au plus contemporain et plus ergonomique Chordify. Le cas échéant, Google is your friend : il suffit de taper accords + le titre de la chanson que vous recherchez, et l’affaire est dans le sac.

De manière générale, c’est grâce à ces fameux accords que l’on détermine ensuite la mélodie. Celle-ci va s’inscrire logiquement dans la gamme des accords. C’est pourquoi il est préférable de dénicher les accords dans un premier temps avant de trouver la mélodie. L’inverse est possible, mais nécessite une plus grande expertise et qu’on soit suffisamment à l’aise. Voilà, en somme, les bases du solfège qui risquent de s’avérer plus qu’utiles dans l’art du beatmaking. Mais rassurez-vous : pas besoin d’être un as du solfège pour réussir à devenir un bon beatmaker. C’est plus un atout qu’autre chose.

 

 

 

 

5. Écouter beaucoup de musique

 

Bon, ça, vous vous en doutiez. Être un grand fan de musique, tous genres confondus, et en écouter régulièrement est un prérequis. Cette partie est moins technique que les précédentes mais n’en demeure pas moins importante. Prêter attention aux morceaux que l’on écoute et qu’on affectionne permet avec le temps de nous apprendre comment sont construites les chansons.

 

 

Et ainsi, on développe notre connaissance musicale, ce qui ne peut que nous aider dans le beatmaking. Valoriser sa culture musicale est donc primordial, c’est pourquoi je vous encourage vivement à découvrir un maximum de titres et surtout de diversifier vos écoutes, et de continuellement s’ouvrir aux genres qu’on ne connaît pas forcément.

Bien que je n’aie pas la prétention d’être une experte en beatmaking, j’ai tout de même tenté de vous guider le mieux possible à travers ces cinq étapes. Je me permets d’ailleurs de souligner l’importance de l’autonomie car le beatmaking reste tout de même un art plutôt solitaire, et il faut être capable de se former soi-même. Soyez débrouillards, ouverts d’esprit, motivés, et tout va bien passer !

 

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