Lorsqu’on aborde la thématique du beatmaking, on a souvent tendance à l’associer au monde du rap. Et pourtant, une multitude d’autres genres et sous-genres musicaux font appel aux talents des beatmakers pour leurs instrus et enjoliver leurs morceaux. C’est pourquoi j’ai décidé de surligner six genres prédominants et les caractéristiques qui s’y rattachent. Let’s go !

 

L’afropop

 

Avec des titres d’afropop, c’est tout bonnement impossible de déprimer. Pour ça, il faut remercier des instruments mélodieux, harmonieux, et la récurrence des fameux accords magiques dont je vous avais parlé dans un tuto précédent. On retrouve aussi régulièrement de la guitare électrique et des instruments à cordes pincées (ou “plucked” pour les anglophones). Tout cela procure donc un sentiment de joie, grâce à un rythme dansant rappelant l’afro house, la rumba et chansons latines. Quant aux thèmes abordés dans les paroles, on reste dans une démarche optimiste avec l’amour avant tout, et souvent l’amour pour le continent africain. Il y a une vraie volonté de nous partager une histoire. Ici, pas de rap, uniquement du chant, comme en témoignent Mr. Easy, Patoranking, Keblack ou encore Naza.

 

 

L’afrotrap

 

Le sous-genre de l’afrotrap s’illustre surtout grâce à MHD, qui est mine de rien précurseur dans le game. Si l’afrotrap peut être relativement dansante, elle reste agressive et percutante, misant sur une certaine idée de puissance qui passe essentiellement par le rap (et une petite dose de chant). Sur le plan des instruments mobilisés, on retrouve souvent les cuivres (brass), les cloches (bells) mais aussi les pads, qu’on ne présente plus. Un peu comme l’afropop évoquée plus haut, ce genre possède un rythme plus ou moins similaire à celui de l’afro house. Dans ce genre, les artistes n’hésitent pas à créer des pas de danse qui deviennent vite viraux. On pense tout de suite à la danse de la Mula portée par MHD. Enfin, la thématique majeure qui revient dans l’afrotrap, c’est surtout ce que l’on appelle “l’ego trip“, c’est-à-dire un comportement d’une personne qui va se lancer des fleurs, qui va faire son éloge en valorisant son pouvoir et son influence, quitte à en faire des tonnes.

 

 

 

La trap

 

Ça, techniquement, vous connaissez tous si j’en crois les demandes de covers que je reçois ! On reste dans le thème de l’ego trip avec les notions de sexe, d’argent et de pouvoir revenant à chaque fois. La méthode est souvent la même, c’est-à-dire qu’on retrouve du rap dans les couplets et du chant au refrain. Au niveau de la mélodie, elle peut effectivement se montrer répétitive et comprend souvent du piano, des bells ou encore d’autres synthés. Ce sont souvent des morceaux qui cognent avec des snares et kicks relativement agressifs, comme c’est le cas avec la discographie d’artistes comme Booba, Niska, Lacrim ou encore Sofiane.

 

 

Le cloud rap

 

Genre découlant du hip hop à l’origine, le cloud rap connaît une arrivée en force depuis quelques années et se voit d’ailleurs démocratisé avec des artistes comme PNL ou bien MMZ (décidément, il y a quelque chose avec les triples initiales !). En utilisant essentiellement des synthés d’ambiance et des basses, la mélodie peut être qualifiée d’estompée et en devient peu distinguable. On la ressent plus qu’on ne l’entend réellement. À la place, l’accent est mis sur les paroles, rapées et sublimées par de l’Auto-Tune, desquelles se dégage une certaine mélancolie bien qu’elles nous fassent voyager. En France, ce sont principalement des histoires tirées de la vie en cité des artistes associés.

 

 

La trap soul

 

Souvent définie comme la rencontre entre la trap et le RnB, la trap soul se caractérise par des basses 808 très agressives utilisées en premier plan. Elles sont souvent accompagnées d’un synthé d’ambiance, ce qui aboutit à une mélodie là aussi peu distinguable qui fait écho au cloud rap. En revanche, il n’y a pas de rap ici, que des paroles chantées qui ont pour but autant de nous enivrer que de nous relaxer. Cela se rattache donc aux thèmes régulièrement évoqués, soit l’amour, le sexe et plus globalement la séduction. Besoin d’exemples ? Checkez donc Bryson Tiller, Tory Lanez, August Asina ou encore l’inimitable Rihanna.

 

 

La pop

 

On termine par la pop, qui est pourtant une fervente utilisatrice du beatmaking, d’autant plus ces dernières années avec ses morceaux les plus marquants. À l’aide d’instruments classiques et des accords magiques, la pop a pour but de créer une ambiance poétique et dansante, provoquant un sentiment d’unité sociale. Avec une prédominance de chant et rarement du rap pour l’accompagner, la pop est un genre majeur qui accorde une place énorme à l’émotion dans toutes ses formes. Celle-ci peut se manifester à travers différentes thématiques, souvent en rapport avec la société contemporaine ou bien la vie privée de l’artiste qui veut nous conter son histoire. Au niveau du rythme, c’est assez varié, la pop pouvant taper aussi bien dans l’électro et la house que les chansons afro. Des artistes comme Stromae, Soprano, Black M, Maître Gims sont de bons exemples pour notre Hexagone, alors qu’on pensera plutôt à Sia, Major Lazer et Katy Perry à l’international.

 

 

Voilà, j’ai tenté de dresser en quelques paragraphes les six genres qui me semblent importants et qui sont souvent associés au beatmaking. Maintenant que vous êtes incollables, vous n’avez plus qu’à tester vos connaissances en tentant d’affilier les musiques que vous kiffez à certains de ces genres. Et ça, c’est pas toujours facile !

 

 

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